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  Séjours à Marrakech > Mosquée et madraça Ben Youssouf
   
 
Mosquée et madraça Ben Youssouf
   
  Le Complexe Ibn Yousouf

Ce complexe monumental, situé au cœur de la Médina, témoigne de l’importance de cette zone dans le développement de la cité à travers huit siècles.

Le noyau initial est constitué par la mosquée de Ali Ibn Yousouf ( début du 12ème siècle) dont seule subsiste le nom, fatalement collé au lieu, bien que le beau sanctuaire actuel soit l’œuvre du souverain alaouite Moulay Soulaymane ( début du 19ème siècle). Par contre, la magnifique coupole, appelée Qoubbat Al-Bou’diyyne, qui fut une annexe de la mosquée Almoravide (construite au début du 12ème siècle), a été dégagée par les fouilles vers 1950 et entièrement restaurée. L’admirable madrasa sa’adienne ( 16ème siècle), en grande partie intacte, constitue le troisième élément du complexe. A cause de sa relation fonctionnelle avec la mosquée ben Youssef, elle en porte également le nom.

Par delà la beauté de ces édifices et leur importance dans l’histoire de l’art et de l’architecture à Marrakech, leur rôle sur le plan religieux et culturel a été fondamental. Durant des siècles, la mosquée-université et la Madraça Ibn Yousouf ont été les plus importants centres de diffusion de la culture pour tout le Sud Marocain.

1.La Qoubba Almoravide
Cette coupole, qualifié par L. Golvin de ‘chef d’œuvre de science, de technique et de bon goût’ est d’autant plus saisissante qu’elle est l’unique représentant de l’art Almoravide dans leur propre capitale.
C’est un kiosque de plan rectangulaire d’environ 7.30 sur 5.50 m et 12 m de hauteur, qui abritait un bassin d’ablutions. L’appareil combine lits de pierre et de brique, la brique étant également utilisée en saillie comme support du décor extérieur. Ce décor est fait d’entrecroisements d’arcs brisés au-dessus desquels se déploient des rosaces rayonnantes qui se succèdent en un mouvement optique dynamique pour atteindre le sommet.
Cette rigueur géométrique à l’extérieur contraste volontairement avec la richesse et le foisonnement de l’ornementation florale sculptée sur le plâtre qui règnent à l’intérieur de la qoubba. Le décor est apparenté ici à celui des coupoles de Cordoue et Tlemcen de même époque.
Le regard saisit à travers les deux tendances opposées et pourtant consignées dans la même coupole, les prémices de l’art dit « hispano-mauresque »

2. La Mosquée
La Grande- Mosquée Ibn Youssouf doit son nom à l’émir Almoravide Ali Ibn Yousouf qui a fondé le premier sanctuaire sur le site, au début du 12ème siècle. Abandonnée et partiellement détruite sur l’ordre de Abdelmoumen Ibn Ali au milieu du 12ème siècle, elle fut restaurée par le Calife Almohade Al-Murtada au 13ème siècle. La construction au 16ème siècle de la Madraça voisine lui restitue son rôle culturel. A la fin du 18ème siècle, le souverain Alaouite Moulay Soulayman la fait reconstruire entièrement dans les limites d’un carré de 65 m de côté. Restaurée par feu Hassan II, elle conserve dans son état actuel, le plan, la structure et le décor du 18ème siècle. On peut y admirer encore les toitures de bois à double pente typique de l’architecture religieuse Alaouite. Son beau minaret du 18ème siècle domine le centre de la vieille ville de ses 4 0 m de hauteur. Ses façades, très simples, sont égayées par des bandeaux de céramique verte et des petites baies jumelées. L’original parapet à balustres qui borde la baise d’une façade témoigne de l’ouverture du Maroc au 18ème siècle à certaines formes de l’architecture européenne.
Siége de l’université traditionnelle depuis des siècles, la mosquée Ibn Yousouf doit également sa renommée à son important fonds de manuscrits légués par des souverains ou des particuliers. Certaines manuscrits, d’une rare valeur scientifique ou artistique, datent du 12ème siècle.
Enfin, c’est autour d cette mosquée que s’est constitué le premier noyau de la médina sur lequel se sont greffés les édifices publics : la Madraça, les Hammams, les citernes et fontaines, la Qaysarya et les Fondouks… 3.La Madraça
Probablement de fondation Mérinide (14ème siècle), la Madraça Ibn Yousouf, dans sa structure actuelle, est incontestablement l’œuvre du Sultan Sa’adien Abdallah Al-Ghalib Billah comme l’attestent plusieurs inscriptions dont une datée de 972 Hég.( 1564-65). Son plan, d’une grande ampleur ( 40m x 43 m) révèle par sa parfaite symétrie, la marque d’un seul maître d’œuvre. Avec environ 140 chambres d’étudiants c’est l’une des plus grandes « cités universitaires » traditionnelle du Maroc.
L’ensemble de l’édifice s’ordonne harmonieusement autour d’une cour qui baigne dans une lumière qui reflète le rose pâle émanant des stucs couvrant les murs. Encadrée par deux galeries latérales aux piliers robustes, cette cour est rythmée suivant son axe par un bassin de marbre blanc et par l’arc de la salle de prière. Au fond de cette salle se détache dans la pénombre l’arc du Mihrab et son encadrement sculpté dans le plâtre qui reçoit la lumière discrète de petites claustra. L’étage est occupé par les chambres distribuées autour de courettes bordées de balustrades en bois de cèdre ajouré. Comparée à la richesse décorative de la cour, les cellules d’étudiants sont d’une simplicité remarquable ; cependant, d’une manière générale, la tendance au décor couvrant qui frappe dans les madraça mérinides du 14ème siècle se trouve ici atténuée par l’ampleur des proportions qui a permis de sculpter sur la céramique, le plâtre, le marbre et le cèdre, des motifs plus large, plus aérés.
Avec ses atouts, la Madraça Ibn Yousouf demeure l’un des principaux chefs d’œuvre d’art à Marrakech.
« J’ai été édifiée pour les sciences et la prière par le prince des croyants. Le descendant du sceau des prophètes Abdallâh, le plus glorieux des créatures. Pries pour lui, ô toi qui franchit ma porte, afin qu ses espérances les plus hautes soient réalisées » ( vers gravés sur le linteau de la porte principale.)
La richesse décorative de la Madraça Ibn Yousouf a inspiré au peuple la version anecdotique suivante qui fut rapportée par le chroniqueur Al-Ifrani ( 17ème siècle) : « Le bruit courut que le Sultan Al- Ghalib aurait construit cette Madraça en ayant recours à l’Alchimie qui lui aurait été enseigné par le saint Sidi Ahmed ou Moussa, le maître spirituel du sultan. Ayant été informé de cette prétention, le saint répondit : sachez que les lettres de l’Alchimie sont au nombre de 5. C’est exactement le nombre des doigts de la main. Si vous voulez trouve l’Alchimie, ô Frère, il faut cultiver la terre. C’est assurément cela l’Alchimie des hommes ; non celle du plomb et du cuivre ! »

D’après un texte de H. Triki

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Notes culturelles:

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